Retour sur la fête des vœux : messages… « des notes d’espoir »


Fabienne Bihner:
Nous sommes absolument contre la déchéance de nationalité

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Marc Brunet: Je voudrais juste ajouter quelques mots très courts à l’intervention de Fabienne, tout d’abord  m’associer à elle pour vous remercier de votre présence amicale et chaleureuse et vous souhaiter la meilleure année possible et puis vous dire aussi que malgré la période assez sombre que nous traversons, malgré les déceptions, les désillusions, les difficultés , il y a quand même des notes d’espoir et je voudrai en évoquer quelques-unes.

Concernant les réfugiés qui fuient la guerre et la misère sur les routes d’Europe, il n’y a heureusement pas que des réactions d’hostilités mais aussi de nombreuses manifestations de solidarité. Je pense à cet anglais Rob Lawrie ancien militaire qui a été arrêté et jugé il y a environ deux semaines pour avoir essayé de faire rentrer clandestinement en Angleterre la petite Bahar, une petite fille Afghane de 4 ans, après des mois d’allers-retours dans la Jungle de Calais, où il construisait des abris de bois et de bâches avec les exilés. « Je suis un gars ordinaire, je ne suis pas une célébrité, je ne suis pas un homme politique, je n’ai pas une vie exceptionnelle. Je suis juste quelqu’un qui a fait quelque chose d’illégal parce que je ne voulais pas qu’une petite fille de 4 ans passe l’hiver dans la jungle ». Rob Lawrie risquait pour ce geste de simple humanité 30 000 euros d’amende et 5 ans de prison. La très forte mobilisation pour le soutenir a permis qu’il ne soit condamné qu’a 1000 euros d’amende pour défaut de ceinture de sécurité.  J’ai aussi le souvenir de cette réunion il y a quelques semaines à la MDC autour de l’accueil des réfugiés dans les locaux de l’ancienne gendarmerie. De l’intervention émue des représentants de l’association qui gère l’accueil de ses personnes devant l’élan de solidarité des Fontenaysiens et en particulier de Fontenaysiens d’origine étrangère, je pense à des chiliens ou des argentins qui des années auparavant avaient connus le même accueil.   

Et puis je voudrai vous parler aussi d’une dame qui est morte il n’y a pas très longtemps à 98 ans et dont j’ignorais l’existence jusqu’à ces derniers jours et pour avoir parlé d’elle autour de moi je me suis aperçu que j’étais loin d’être le seul. Pourtant quelle vie exemplaire que la sienne. Il s’agit d’une polonaise Irena Sendlerowa. Pendant l’occupation Nazie cette jeune femme catholique se porte volontaire pour aller travailler dans le ghetto de Varsovie ou elle effectue entre autre des travaux de plomberie. Elle réussira à sauver 2500 enfants juifs qu’elle dissimulera dans sa camionnette à chacun de ses passages avant d’être arrêtée et torturée par la gestapo. Elle restera infirme à vie, jambes et bras brisés. Les noms de tous les enfants qu’elle a sauvé, elle les écrivait sur de petits papiers qu’elle dissimulait dans une jarre au fond de son jardin dans l’espoir qu’un jour après la guerre, ils puissent retrouver leur famille. Et bien sûr malheureusement très peu d’entre eux purent retrouver leurs parents. Je vous parle de cette femme parce que j’ai pensé à elle il y deux jours lorsque j’ai participé avec d’autres élus à la cérémonie en mémoire des enfants juifs de Fontenay déportés. Et je me suis dit que les enfants du Ghetho de Varsovie en 2016, c’étaient sans doute le petit Aylan ce petit garçon de 4 ans retrouvé mort noyé sur une plage de Turquie ou la petite Afghane Bahar qui va passer l’hiver dans la jungle de calais et ces milliers d’enfants qui fuient l’horreur de la guerre. Quelquefois il arrive que l’on se demande «  qu’est-ce que j’aurais fait, moi, si j’avais eu 20 ans, 40 ans pendant la guerre. Aurais-je été indifférent au sort des autres, aurais-je été résistant, aurais-je essayé de sauver des gens ? » Hé, bien, oui aujourd’hui, nous sommes, parce que la situation est grave, devant des choix déterminants. Face à la montée de la xénophobie, des nationalismes, des populismes, de l’intolérance, du fanatisme, nous sommes face à des choix décisifs. Soit renforcer, la liberté, l’égalité, la fraternité, les valeurs qui fondent notre idéal républicain et qui seules peuvent ressouder notre peuple, soit aller vers un état d’urgence quasi permanent, la déchéance de la nationalité, l’accentuation des inégalités sociales, la stigmatisation,l’exclusion.

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Je ne voudrais pas conclure sans évoquer un sujet qui je le pense  est l’enjeu fondamental auquel est confronté l’humanité au cours de ce siècle. Celui du réchauffement climatique. Et d’ailleurs cela me permet de faire un retour sur Irena Sendlerowa puisqu’elle a été proposée pour le prix Nobel de la paix en 2007 mais que cette année-là les Lauréat furent le GIEC  et Al Gore pour son film sur le réchauffement de la planète. Et c’est justement d’un autre film que je souhaite vous parler, c’est celui qui a été projeté lundi soir au Kosmos à l’initiative de l’association Bulles de vie qui a remporté un grands succès, on a d’ailleurs dû refuser plusieurs dizaines de personnes. Le grand enjeu de ce film c’est la lutte contre le réchauffement et comment laisser à nos enfants un monde vivable. J’ai aimé ce film, car il donne de l’espoir. Il dresse certes un constat terrible de la situation de la planète dans de nombreux domaines, mais il va bien au-delà, il nous montre que des alternatives pour un monde meilleur existent et qu’elles sont possibles, déjà mises en œuvre un peu partout dans le monde, que ce soit dans l’agriculture, dans les transports, dans l’éducation, dans les pratiques démocratiques, dans l’organisation sociale, dans la lutte contre les exclusions…Et que finalement, il ne dépend que de nous de nous en emparer pour construire un autre avenir.

Enfin, dernier point, je me suis intéressé aux objectifs que l’opposition de droite conduite par Monsieur Lecoq a présentés aux Fontenaysiens lors de sa soirée des vœux. Les deux principaux sont de lutter contre le projet d’un théâtre pour Fontenay et la lutte pour la sécurité des Fontenaysiens avec entre autres des caméras de surveillance. Simplement Rappeler à Monsieur Lecoq cette phrase attribuée à Victor Hugo «  Si vous voulez fermer des prisons, ouvrez des écoles » Et le même V. Hugo devant l’assemblée nationale ou l’on se prépare à faire des coupes sombres dans le budget de la culture s’insurge en disant «  quel moment choisit –on  pour le faire ? Le moment où elles sont plus nécessaires que jamais, le moment où, loin de les restreindre, il faudrait les étendre et les élargir. Car le grand péril de la situation actuelle, c’est l’ignorance. L’ignorance qui nous déborde, qui nous assiège, qui nous investit de toutes parts. C’est à la faveur de l’ignorance que certaines doctrines fatales passent de l’esprit impitoyable des théoriciens dans le cerveau des multitudes. Et c’est dans un pareil moment, devant un pareil danger, qu’on songerait à attaquer, à mutiler, à ébranler toutes ces institutions qui ont pour but de combattre et de détruire l’ignorance. Quand donc comprendra-t-on que la nuit peut se faire dans le monde moral et qu’il faut allumer des flambeaux dans les esprits ?  C’est là seulement que vous trouverez la paix de l’homme avec lui-même et par conséquent la paix de l’homme avec la société. Pour arriver à ce but, il faut multiplier les écoles, les bibliothèques, les musées, les théâtres, les librairies. Les lieux où l’on s’instruit, où l’on se recueille, en un mot, il faut faire pénétrer de toutes part la lumière dans l’esprit du peuple ; car c’est par les ténèbres qu’on le perd. L’époque où vous êtes est riche et féconde ; ce ne sont pas les intelligences qui manquent, ce ne sont pas les talents. Ce qui manque, c’est l’impulsion sympathique, c’est l’encouragement enthousiaste d’un grand gouvernement.  Vous êtes tombés dans une méprise regrettable, vous avez cru faire une économie d’aCZ6Xj69WEAAtEZ2rgent, c’est une économie de gloire que vous faites. Je la repousse pour la dignité de la France, je la repousse pour l’honneur de la République. »

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Laurence Abeille: En politique, il y a beaucoup de désespoir mais aussi pleins de belles choses c’est pour cela que je reste mobilisé. …Des actions locales sur le logement, les emplois d’avenir…

 

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