Conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français

La création d’une commission d’enquête parlementaire « sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français », a été officialisée mardi 22 mars à l’Assemblée nationale, où la conférence des présidents en a pris acte.

Cette commission d’enquête, dont la demande a été jugée recevable la semaine dernière par la commission des affaires économiques, fait suite aux scandales dans les abattoirs d’Alès et du Vigan (Gard) révélés ces derniers mois par l’association de défense des animaux L214, explique le député Olivier Falorni, apparenté au groupe des radicaux de gauche, qui avait déposé une proposition de résolution pour la création de la commission fin février soutenu par Laurence Abeille, cheffe de file chez Europe Écologie les verts pour les questions en rapport avec la condition animale.

Chaque groupe parlementaire a droit à une commission d’enquête par session de l’Assemblée.

« Chevaux découpés encore vivants, moutons violemment jetés au mur, bovins suspendus par une patte et agonisant pendant la saignée, porcelets mal étourdis et conscients sur la chaîne d’abattage, souligne le député de Charente-Maritime dans l’exposé des motifs de sa résolution. Autant d’actes de cruauté ignobles, perpétrés avec sadisme et amusement, que l’association dénonce mais elle pointe également “un matériel défaillant, un personnel incompétent, des vétérinaires absents”. »

« GARANTIR LE RESPECT DES RÈGLES ÉLÉMENTAIRES D’HYGIÈNE »

Onze ONG de défense des animaux avaient réclamé fin février la création d’une telle commission dans une lettre adressée au premier ministre, Manuel Valls, quelques jours après la révélation de mauvais traitements dans l’abattoir du Vigan, fermé le 23 février à titre conservatoire. Quatre mois auparavant, une affaire similaire avait déjà été révélée par L214 dans un abattoir municipal d’Alès, également fermé depuis.

Les scandales se suivent et se ressemblent. Après les discours rassurants à la suite d’Alès et du Vigan, Rien n’a changé dans la pratique « , dénonce la porte-parole de L214, Brigitte Gothière, alors que les deux établissements du Gard, toujours sous le coup d’enquêtes judiciaires et administratives, ont rouvert un et deux mois après leur fermeture à titre conservatoire.

La nouvelle défaillance de Mauléon, révélée par le Monde témoigne de l’urgence de réagir.

http://mobile.lemonde.fr/…/l214-la-methode-choc-pour-denonc…

« Les abattoirs, qui tuent en France plus d’un milliard d’animaux par an, poursuit-elle, continuent de leur infliger impunément d’atroces souffrances, dans le silence complice des autorités et des services vétérinaires.  »  » Aucune surveillance par le service d’inspection vétérinaire n’apparaît sur les images de Mauléon-Licharre : il n’intervient à aucun moment pour corriger et sanctionner les infractions constatées « , confirme Gilbert Mouthon. L214 doit déposer dans la semaine un référé expertise devant le tribunal administratif de Pau, visant à caractériser les défaillances des services vétérinaires.

La réglementation impose un contrôle continu des pratiques d’abattage par les services vétérinaires. Ainsi, 1 400 agents de la direction générale de l’alimentation sont constamment présents dans les 260 abattoirs de boucherie français, le maillon le plus sensible de la chaîne alimentaire. Mais leurs effectifs sont en baisse (– 19 % en dix ans, malgré la création de nouveaux postes depuis 2015) et leur rôle est plus tourné vers l’inspection sanitaire que vers la maltraitance animale.  » La grande majorité des agents sont affectés à l’inspection sanitaire des bêtes vivantes, lorsqu’elles entrent à l’abattoir. L’inspection lors des phases d’étourdissement ou de saignée n’est pas obligatoire « , précise Patrick Dehaumont.

Face à ces  » carences  » et à  » l’absence de suivi et de sanctions dissuasives « , L214 lance une nouvelle pétition, adressée au premier ministre, pour demander une  » transparence effective des abattoirs par la mise en place d’outils qui permettent aux ONG et aux citoyens d’exercer un droit de regard « . Parmi les requêtes des militants : la publication des rapports d’inspection et des mises en demeure des services vétérinaires à l’encontre des abattoirs ; un libre accès de ces établissements aux associations de défense des animaux ; la pose de caméras  » sur les postes de déchargement, d’attente, d’amenée et d’abattage des animaux « avec accès libre des ONG aux images.

Sous la pression des associations et de nombreux citoyens, l’Assemblée nationale a donc créé, le 22 mars, une commission d’enquête parlementaire  » sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français « . La commission, sera composée de trente députés et devra rendre un rapport dans six mois. L’objectif est de lutter contre la maltraitance animale, tout en garantissant le respect des règles élémentaires d’hygiène, de sécurité alimentaire et de traçabilité de la production.

Comme l’a dit Gandhi, “on reconnaît le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite ses animaux”.

L’ensemble de ces éléments démontre l’urgence de la création d’une commission d’enquête parlementaire qui devra faire toute la lumière sur ces agissements et être une force de propositions pour garantir le respect des règles élémentaires d’hygiène, de sécurité alimentaire et du respect de l’animal.

http://www.lexpress.fr/…/video-actes-de-cruaute-dans-un-nou…

http://www.l214.com/enqu…/…/abattoir-made-in-france/mauleon/

Rappel
http://laurence-abeille.fr/abattoir-dales-stephane-le-foll…/

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